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07/09/2016

Islamogauchisme ...

Islamogauchisme … Ben v’là aut’ chose … Le mot apparaît dans les années 2000, peut-être sous la plume de Taguieff. A l’époque, il semble s’agir de stigmatiser les militants pro-palestiniens jugés extrémistes, tous ceux qui soutiennent la cause palestinienne sans nuances, même lorsque les moyens d’action des Palestiniens sont violents, voire terroristes, un peu dans la lignée de Jean Genet, si vous voyez, qui prônait joyeusement l’éradication d’Israël. Plus anarchiste, en vérité, que gauchiste. Le terme revient ces temps-ci, à la suite, bien entendu, des attentats sur le sol français et la remise en cause de la tolérance vis à vis des musulmans de France, musulmans qui sont sommés de s’expliquer sur les dérives d’un nombre plus ou moins important de leurs congénères. Je me garderai bien de prendre parti sur le nombre exact. Suivant que je choisirai entre plus ou moins, je vais être classé dans les islamogauchistes, version moins, ou non, version plus. Le responsable du retour du qualificatif dans les colonnes de la presse française en 2016 a un nom : Bruckner. Mais qu’est-ce donc que l’islamogauchisme ? Beaucoup de commentateurs soulignent l’absolue vacuité du concept. Un mot valise, dit-on, où chacun fourre ses propres phantasmes. Mais quels ? En vérité, il semble que tout tourne autour du concept de laxisme, d’excuse, si vous préférez, en ce qui concerne le sort réservé aux musulmans sur le sol français. Bruckner emploie le terme dans son essai intitulé : la Tyrannie de la pénitence (Grasset, 2006). Il y fustige la gauche « laxiste » qui trouverait toujours des « excuses », sociologiques en général, aux dérives des groupe communautaristes. Loin de moi l’idée de me cacher derrière mon petit doigt. J’ai connu et je connais encore des « rouges bruns », certains sont des fanatiques de la cause palestinienne, je connais des gens de « gauche », en général des « chrétiens de gauche » qui sont toujours prompts à pardonner, à trouver des excuses à tous les errements mais il me semble totalement excessif, voire malhonnête, de généraliser le propos. Il y a un paradoxe dans la formule « islamogauchiste » : les gauchistes, en général, sont des fanatiques de l’athéisme, quand ils ne sont pas tout simplement partisans de l’interdiction des églises et autres temples et favorables à l’élimination des prêtres. Les accuser d’être les « idiots utiles » de l’Islam ne colle pas. Les musulmans, pour un gauchiste, ce sont des cons aveugles et manipulés, tout comme le sont les juifs, les protestants, les bouddhistes, les chrétiens et autres témoins de Jéhovah … Dieu est mort, nom de dieu ! … Et à bas la calotte … Les gauchistes, par contre, ont un sens aigu de l’injustice. Et quand une communauté est opprimée, il faut reconnaître qu’ils n’ont pas vraiment le réflexe de contrôler les CV … La haine de la police et de l’ordre, c’est un truc qui ne se négocie pas. Il peut donc advenir qu’un gauchiste soutienne une minorité sans être trop regardant sur ses idéaux. Parce que ce qui compte, pour lui, c’est l’oppression … Mais ce n’est pas la généralité du genre pour autant et généraliser est encore une fois abusif. Ce qui est amusant, en vérité, c’est de constater sur qui tombe l’anathème au final. Alain Gresh (du Monde diplomatique), Annick Coupé (de l’union syndicale Solidaires), Michel Tubiana (de la Ligue des droits de l’homme), Edwy Plenel, Clémentine Autain, José Bové … Reconnaissons que, comme gauchistes, on fait beaucoup mieux. Et qu’est-ce qui leur vaut ce qualificatif ? Le burkini, évidemment. Deux lectures opposées des ancestrales valeurs françaises. Pour les uns, c’est liberté avant tout, pour les autres, c’est ordre républicain, version poigne. Je dois à la vérité d’admettre que suis un peu circonspect. Un peu comme s’il me manquait une hypothèse, si vous voyez. Bon, là, je suis coincé, je ne vais pas pouvoir échapper à la classification dans le clan des islamogauchistes. Notez que je m’en bats l’oeil. Car, bien qu’étant athée militant, agnostique et anticalottard fervent, bien que n’ayant aucun respect pour aucune religion, aucune, bien qu’ayant, même, une tendance profonde à les conchier, sans pour autant n’être ni antisémite, ni islamophobe, ni antichrétien, ni xénophobe ni rien d’autre du genre, j’ai un peu de mal à franchir le pas qui mènerait à l’interdiction ou à me mêler de ce que les gens font de leur corps, ni dans un sens, ni dans l’autre. Et ça, je sais que ça ne va pas plaire aux adeptes de l’anathème qui, eux, pensent comme Karr : je suis contre la peine de mort mais pour que les assassins commencent. En gros, qu’ils enlèvent tous leurs signes religieux et nous leur foutrons la paix. Chiche ! … Je dis chiche !… Allez, on enlève tout. Les croix, les déguisements, y compris pour le pape et les monseigneurs, les kippas et autres schtreimels, les saris orange, dont celui du Dalaï Lama ou de Ricard, tout.. Et vive la laïcité autoritaire. Non ?... Ah ! Liberté, alors ? Non plus ?... J’y perds mon latin. Je comprendrais mieux si j’avais la raison profonde de l’utilisation du qualificatif. Et, en fait, comme vous vous doutez, je l’ai. Car tout ça commence avec les droits des palestiniens et la sécurité d’Israël. Pour preuve, il faut savoir que Finkielkraut a prononcé le mot islamogauchiste au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, en 2010. Or, il semble avéré que le terme émane, en France, de ce qu’on nomme les néo-conservateurs, parmi lesquels Brukner et Finkielkraut ont une place de choix. Tout cela ne serait donc rien d’autre que la traduction, sur le territoire français, de la dérive extrême-droitière du gouvernement israélien. Cocasse, lorsqu’on sait que les mêmes ne cessent d’accuser les musulmans d’importer dans nos quartiers le « conflit » israélo-palestinien. Mais il y a un autre moteur à cette haine. Son nom est 1968. Toute la bande cultive avec délice la nostalgie du « c’était mieux avant 68 », slogan d’ailleurs repris par Sarkozy pendant sa campagne et sa présidence. Le mot islamoguachisme a donc l’avantage de réunir leurs haines viscérales contre l’Islam, les Arabes, en vérité, quoiqu’ils en disent, et contre le gauchisme, c’est à dire 68. Ça y est, je suis islamogauchiste à fond. Et bien pas du tout. Parce que les provocations des musulmans intégristes, en particulier pour ce qui concerne leurs accoutrements vestimentaires, me font vomir. Et je ne pense pas que la meilleure réponse soit de relever systématiquement chacune de ces provocs, le voile, la burka, le burkini, la barbe, les djellabas, toutes choses souvent portées en vue de provoquer des réactions qui ne font que satisfaire les intégristes. Pour gagner définitivement la bataille, du moins le croient-ils, les néoconss nous font donc le coup de la calomnie. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose …. Il n’y a plus d’islamogauchistes en France que de beurre en broche. Il y a des gauchistes, tendance libertaire prononcée, j’en sais quelque chose, et des islamistes intégristes. Il y a aussi, beaucoup plus nombreux, des gens « de gauche » et des musulmans. Le mot islamogauchisme me semble donc vide de sens, creux, inutile et haineux. Mais ce qu’il cache, par contre, me semble de la plus haute importance. J’espère que vous aurez compris, dans ce texte, de quoi il retourne. Je n’en dirai pas plus pour ne pas tomber sous le coup d’une autre accusation en forme d’anathème qui le sous-tend d’évidence.

 

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