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05/04/2017

Capitalisme, phénix et cendres

Ma mémoire, qui est peut-être déjà chancelante ( t’as qu’à croire ..), me rappelle une phrase, un slogan, des années 70... Cette phrase c’est à peu près : le capitalisme porte en lui la cause de sa perte, le profit immédiat. On y croyait. On se la répétait. Ça allait tomber tout seul. On aurait notre grand soir. Manque de bol, le capitalisme, c’est un Phénix, toujours capable de renaître de ses cendres. Pourtant, ces temps-ci, on jurerait qu’il est à bout, qu’il n’ira pas beaucoup plus loin. Trump, l’élection française, le brexit sont autant de signes de craquement. Mais je rassure les actionnaires, grands patrons et autres traders, il va survivre. Pour deux raisons simples. D’abord parce que le capitalisme se dit lui-même non moral, voire immoral, et que sa survie s’appuie sur ce que l’être humain a de pire, l’activation permanente de ce qu’on appelait avant « l’instinct de survie », ce qui nous rend tous capables de tout, vraiment de tout, dès qu’il s’agit de leur intérêt immédiat. Meurtre, vol, viol, mensonge, fuite, lâcheté, j’en passe. Ensuite parce que les disciples de Marx ont un peu oublié de lire Nietzsche, réputé pour eux d’extrême droite. Or, s’ils l’avaient lu, ils sauraient que l’être humain est capable de tout et qu’un régime politique s’appuyant sur ce constat est, pas essence, immortel. L’une des preuves les plus patentes de cette affirmation, c’est que le capital est d’accord pour travailler avec la Le Pen, comme il le fut avec Hitler. J’en suis navré mais ça ne va pas tomber et, comme nous allons être quasi obligés de voter pour Macron pour éviter Le Pen, nous aurons le déshonneur et la guerre, comme aurait dit Churchill, et Macron va vous faire avaler la pilule du renouveau du capitalisme, pilule indigeste que vous avalerez dans la joie de la victoire. Du coup, vous accepterez, sans douleur, la fin de la sécurité sociale, de l’allocation chômage, des dépenses de santé, le renflouement des banques par vos impôts et les profits indécents des grandes entreprises. Quand je vous dis immortel.

06/03/2017

Droite ? Quelle droite ? Gauche ? Quelle gauche ?

 

Au secours ! … Y aurait-il ici une truie qui y reconnaîtrait ses petits ? C’est quoi cette élection ? Qu’est-ce qui se passe ? Vous comprenez tout ? Bon, côté gauche, il me semble entrevoir qu’on serait sur la queue du congrès de Tours. 1920 quand même. La question de la gauche de gauche contre la gauche molle du genou ne semble toujours pas réglée. D’ailleurs, avec Valls, il m’avait semblé voir des résurgences de la SFIO. Vous me direz, dès sa création, en 1878, la SFIO était le siège de nombreux tiraillements entre gauche modérée, Jaurès, et gauche radicale, Guesde ou Lafarge, plutôt marxistes … Vous me direz que, dès 1789, déjà, il y avait la Gironde et la Montagne. Bref, une vieille histoire, aussi vieille que la gauche, qui ne trouvera encore pas son épilogue au cours de cette séquence puisque l’un et l’autre camp vont perdre cette élection. A droite, là, je reconnais, c’est plus effarant. Faire l’histoire des tiraillements à droite est rendu délicat par le fait que, si la gauche n’existe que depuis Les Lumières, la droite, elle, est aussi vieille que les humains. On parle donc, en général, des plus récents. Fillon-Sarkozy, Balladur-Chirac, Giscard-Chirac, Chaban Delmas- Giscard, Pompidou-Giscard, De Gaulle-Lecanuet … En vérité, ce qu’on voit aujourd’hui est une très ancienne guerre entre droite bonapartiste et droite libérale qui, avant Napoléon, portait un autre nom, évidemment, royaliste et libérale, par exemple, mais c’est aussi, surtout, peut-être, une basse querelle de personnes pleines de rancoeur et de ressentiment et prêtes à tout sacrifier, y compris vous et moi, pour étancher leur soif de pouvoir ... Le baroud de Fillon au Trocadéro me fait penser à ce qu’on avait appelé la révolution boulangiste. Totalement effarant. Le plus remarquable, à 50 jours de l’élection, c’est à quel point tout vole en éclats. La question que j’entends le plus souvent, ces temps-ci, est : mais pour qui on va voter ? C’est une question qui n’a rien de comique. Parce que ce qu’on devine, derrière ce bazar, c’est que la mise pourrait bien être remportée par le parti du pire si l’abstention s’impose, de manière totalement compréhensible, je dois l’admettre. C’est pourquoi, à mon avis, il va pourtant falloir aller voter. Pour qui que ce soit sauf le pire. Et ça fait encore une fois très mal au cul. J’en ai marre d’avoir mal au cul, comme vous, et suis conscient que ça ne pourra pas durer. Je finirai par les envoyer paître. Et, ce jour-là, je ne serai sûrement pas le seul. Ce jour-là, le fascisme sera démocratiquement élu en France.

 

09/01/2017

Suis-je ou non un bon Charlie ?

Charlie 1276... Deux ans exactement après le drame. Et une constatation évidente : Charlie est en colère. Il n’est pas content de nous. Pire : il nous en veut. C’est une constatation évidente lorsqu’on lit l’article de Fabrice Nicolino, pages 3, 4 et 5. C’est rare quand Charlie s’étend autant. Je vais vous donner mon sentiment : Charlie a raison. De quoi est-il question ? Il nous reproche de ne pas avoir tiré la leçon de l’addition très lourde qu’il a payée au nom de la liberté d’expression. Et il a raison. Le bonne conscience bourgeoise nous a imposé de porter pendant deux ans un badge « Je suis Charlie » et, surtout, à en oublier toutes les conséquences, parmi lesquelles figurait la bonne pensance. Nous nous sommes satisfaits de notre propre satisfaction face à nos miroirs qui, pourtant, dit-on, ne pardonnent rien. A nous, ils pardonnent tout. Ils nous ont apprivoisés. Fabrice nous reproche, avec raison, de ressembler à ceux que nous vouons aux gémonies. Nous serions, nous autres, gens de gauche, sensibles au dogme de la vérité révélée, un concept qui nous rangerait sans discussion dans le clan de ceux que nous abhorrons, condamnons, emprisonnons, tuons. Fabrice, très très très énervé, nous renvoie le compliment. Et nous ? Comment avons-nous pu, selon les circonstances, selon les individus, porter aux nues et tour à tour Lénine, Staline, Mao, Castro, Guevara, j’en passe et pas de meilleurs... La raison avancée serait un antiaméricanisme primaire. Et, là encore, je suis d’accord pour un silence coupable. Mais je voudrais te faire remarquer, Fabrice, que, toi-même, en révélant les compromissions, les arrangements, les trahisons, de « la Gauche », tu ne fais que révéler... Tu t’appuies, une nouvelle fois, sur une vérité absolue, tu suggères que Soljenitsin, Serge, valent mieux que tous les autres, tu es encore dans la société d’avant que celle que tu appelles désespérément de tes voeux. Et seul le désespoir est beau … Tu as raison, Fabrice... Tu as des raisons... Ce n’est pas pour autant que tu as ouvert la porte de l’avenir.... Une seule question me vient après le choc que tu as provoqué en moi : le communisme peut-il être considéré comme un avatar de la religion qui a dominé le monde pendant plus de vingt siècle ? En clair : la seule chose à opposer à l'idéologie de le vérité révélée est-elle une autre vérité révélée ? ....

 

07/09/2016

Islamogauchisme ...

Islamogauchisme … Ben v’là aut’ chose … Le mot apparaît dans les années 2000, peut-être sous la plume de Taguieff. A l’époque, il semble s’agir de stigmatiser les militants pro-palestiniens jugés extrémistes, tous ceux qui soutiennent la cause palestinienne sans nuances, même lorsque les moyens d’action des Palestiniens sont violents, voire terroristes, un peu dans la lignée de Jean Genet, si vous voyez, qui prônait joyeusement l’éradication d’Israël. Plus anarchiste, en vérité, que gauchiste. Le terme revient ces temps-ci, à la suite, bien entendu, des attentats sur le sol français et la remise en cause de la tolérance vis à vis des musulmans de France, musulmans qui sont sommés de s’expliquer sur les dérives d’un nombre plus ou moins important de leurs congénères. Je me garderai bien de prendre parti sur le nombre exact. Suivant que je choisirai entre plus ou moins, je vais être classé dans les islamogauchistes, version moins, ou non, version plus. Le responsable du retour du qualificatif dans les colonnes de la presse française en 2016 a un nom : Bruckner. Mais qu’est-ce donc que l’islamogauchisme ? Beaucoup de commentateurs soulignent l’absolue vacuité du concept. Un mot valise, dit-on, où chacun fourre ses propres phantasmes. Mais quels ? En vérité, il semble que tout tourne autour du concept de laxisme, d’excuse, si vous préférez, en ce qui concerne le sort réservé aux musulmans sur le sol français. Bruckner emploie le terme dans son essai intitulé : la Tyrannie de la pénitence (Grasset, 2006). Il y fustige la gauche « laxiste » qui trouverait toujours des « excuses », sociologiques en général, aux dérives des groupe communautaristes. Loin de moi l’idée de me cacher derrière mon petit doigt. J’ai connu et je connais encore des « rouges bruns », certains sont des fanatiques de la cause palestinienne, je connais des gens de « gauche », en général des « chrétiens de gauche » qui sont toujours prompts à pardonner, à trouver des excuses à tous les errements mais il me semble totalement excessif, voire malhonnête, de généraliser le propos. Il y a un paradoxe dans la formule « islamogauchiste » : les gauchistes, en général, sont des fanatiques de l’athéisme, quand ils ne sont pas tout simplement partisans de l’interdiction des églises et autres temples et favorables à l’élimination des prêtres. Les accuser d’être les « idiots utiles » de l’Islam ne colle pas. Les musulmans, pour un gauchiste, ce sont des cons aveugles et manipulés, tout comme le sont les juifs, les protestants, les bouddhistes, les chrétiens et autres témoins de Jéhovah … Dieu est mort, nom de dieu ! … Et à bas la calotte … Les gauchistes, par contre, ont un sens aigu de l’injustice. Et quand une communauté est opprimée, il faut reconnaître qu’ils n’ont pas vraiment le réflexe de contrôler les CV … La haine de la police et de l’ordre, c’est un truc qui ne se négocie pas. Il peut donc advenir qu’un gauchiste soutienne une minorité sans être trop regardant sur ses idéaux. Parce que ce qui compte, pour lui, c’est l’oppression … Mais ce n’est pas la généralité du genre pour autant et généraliser est encore une fois abusif. Ce qui est amusant, en vérité, c’est de constater sur qui tombe l’anathème au final. Alain Gresh (du Monde diplomatique), Annick Coupé (de l’union syndicale Solidaires), Michel Tubiana (de la Ligue des droits de l’homme), Edwy Plenel, Clémentine Autain, José Bové … Reconnaissons que, comme gauchistes, on fait beaucoup mieux. Et qu’est-ce qui leur vaut ce qualificatif ? Le burkini, évidemment. Deux lectures opposées des ancestrales valeurs françaises. Pour les uns, c’est liberté avant tout, pour les autres, c’est ordre républicain, version poigne. Je dois à la vérité d’admettre que suis un peu circonspect. Un peu comme s’il me manquait une hypothèse, si vous voyez. Bon, là, je suis coincé, je ne vais pas pouvoir échapper à la classification dans le clan des islamogauchistes. Notez que je m’en bats l’oeil. Car, bien qu’étant athée militant, agnostique et anticalottard fervent, bien que n’ayant aucun respect pour aucune religion, aucune, bien qu’ayant, même, une tendance profonde à les conchier, sans pour autant n’être ni antisémite, ni islamophobe, ni antichrétien, ni xénophobe ni rien d’autre du genre, j’ai un peu de mal à franchir le pas qui mènerait à l’interdiction ou à me mêler de ce que les gens font de leur corps, ni dans un sens, ni dans l’autre. Et ça, je sais que ça ne va pas plaire aux adeptes de l’anathème qui, eux, pensent comme Karr : je suis contre la peine de mort mais pour que les assassins commencent. En gros, qu’ils enlèvent tous leurs signes religieux et nous leur foutrons la paix. Chiche ! … Je dis chiche !… Allez, on enlève tout. Les croix, les déguisements, y compris pour le pape et les monseigneurs, les kippas et autres schtreimels, les saris orange, dont celui du Dalaï Lama ou de Ricard, tout.. Et vive la laïcité autoritaire. Non ?... Ah ! Liberté, alors ? Non plus ?... J’y perds mon latin. Je comprendrais mieux si j’avais la raison profonde de l’utilisation du qualificatif. Et, en fait, comme vous vous doutez, je l’ai. Car tout ça commence avec les droits des palestiniens et la sécurité d’Israël. Pour preuve, il faut savoir que Finkielkraut a prononcé le mot islamogauchiste au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, en 2010. Or, il semble avéré que le terme émane, en France, de ce qu’on nomme les néo-conservateurs, parmi lesquels Brukner et Finkielkraut ont une place de choix. Tout cela ne serait donc rien d’autre que la traduction, sur le territoire français, de la dérive extrême-droitière du gouvernement israélien. Cocasse, lorsqu’on sait que les mêmes ne cessent d’accuser les musulmans d’importer dans nos quartiers le « conflit » israélo-palestinien. Mais il y a un autre moteur à cette haine. Son nom est 1968. Toute la bande cultive avec délice la nostalgie du « c’était mieux avant 68 », slogan d’ailleurs repris par Sarkozy pendant sa campagne et sa présidence. Le mot islamoguachisme a donc l’avantage de réunir leurs haines viscérales contre l’Islam, les Arabes, en vérité, quoiqu’ils en disent, et contre le gauchisme, c’est à dire 68. Ça y est, je suis islamogauchiste à fond. Et bien pas du tout. Parce que les provocations des musulmans intégristes, en particulier pour ce qui concerne leurs accoutrements vestimentaires, me font vomir. Et je ne pense pas que la meilleure réponse soit de relever systématiquement chacune de ces provocs, le voile, la burka, le burkini, la barbe, les djellabas, toutes choses souvent portées en vue de provoquer des réactions qui ne font que satisfaire les intégristes. Pour gagner définitivement la bataille, du moins le croient-ils, les néoconss nous font donc le coup de la calomnie. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose …. Il n’y a plus d’islamogauchistes en France que de beurre en broche. Il y a des gauchistes, tendance libertaire prononcée, j’en sais quelque chose, et des islamistes intégristes. Il y a aussi, beaucoup plus nombreux, des gens « de gauche » et des musulmans. Le mot islamogauchisme me semble donc vide de sens, creux, inutile et haineux. Mais ce qu’il cache, par contre, me semble de la plus haute importance. J’espère que vous aurez compris, dans ce texte, de quoi il retourne. Je n’en dirai pas plus pour ne pas tomber sous le coup d’une autre accusation en forme d’anathème qui le sous-tend d’évidence.

 

06/07/2016

Rocard

Rocard. Belle unanimité bêlante … Micheeeeeel ! … Moi, l’unanimité, je lui trouve toujours un air suspect … Présentement, je trouve même qu’elle vire à la propagande. Pour les dirigeants actuels, évidemment, chacun s’empressant de rappeler sa filiation avec le grand homme, mais également pour la « loi travail » qui, comme vous savez, est une loi typiquement rocardienne, particulièrement son article 2, nous disent-ils, allant jusqu’à affirmer que les accords d’entreprise seraient une sorte d’autogestion. Oubliant au passage qu’autogestion signifie absence de patron. Ce qui en fait une comparaison paradoxale. Aucun employé n’est libre de ses choix lorsque son entreprise est dirigée par un patron. Ce rapport inégalitaire impose la soumission. Parler d’autogestion est parfaitement ridicule dans ce contexte. Mais la mort du héros tombe à pic. Et peu importe si l’on se permet de faire parler un mort, au passage. Il est très étrange de réécouter les déclarations de Rocard à l’assemblée, lorsqu’il était premier ministre et que sa loi sur la CSG était refusée par une partie de la gauche. Trois mots : conservatisme, immobilisme, passéisme. Les mêmes, exactement, que Valls aujourd’hui. Pas de hasard. Notre petit torero se dit héritier du grand homme. Et je pense que c’est totalement vrai. Pour moi, Rocard est et restera l’homme de Charléty. Le 27 mai 1968, en plein mouvement plus ou moins révolutionnaire, Rocard organise un rassemblement anti-marxiste. Car, cet homme se définit exclusivement par deux qualificatifs : chrétien et anti-marxiste, au sens large, anti tout ce qui est de près ou de loin relié au communisme. Inutile, je pense, de revenir sur la guerre qui oppose, depuis le 19° siècle marxisme et religion, les deux pensées étant considérées comme deux dogmes incompatibles. Chrétien et anti-marxiste sont deux mots qui qualifient aussi parfaitement Mr Valls. d’où les charges incessantes et quasi diffamatoires sur la CGT et la tentative de marginalisation de tout ce qui se trouve sur la gauche du PS. Ainsi, l’œuvre de Mitterrand, qui était d’effacer le parti communiste du paysage en signant une alliance, contre l’avis de Rocard qui ne voulait pas en entendre parler, est aujourd’hui reprise par Valls qui tente le coup de grâce. Je ne lui souhaite pas de réussir. La mort de Rocard tombe au bon moment dans ce plan d’ensemble. Pour ce qui me concerne, j’aurais préféré que ses idées meurent avec lui.

 

 

03/06/2016

Olé ! ...

Le petit torero qui nous sert de premier ministre, qui, de ses origines même pas espagnoles n’a retenu que le pire, les « corones », les poils et le chiffon rouge, que, depuis longtemps, les humoristes nomment « Monsieur Olé ! », qui a choisi, comme premier déplacement après avoir été nommé premier ministre, de se rendre dans une manade pour y marquer des taureaux de combat au fer rouge, prélude à son attitude face aux salariés, ce monsieur, donc, voudrait nous faire croire qu’il est un héritier de la République espagnole de 1936. Mon cul ! … De l’Espagne, comme déjà dit, il n’a retenu que le pire. Et ce fringant hidalgo, à mon sens, est bien plus franquiste qu’autre chose. D’abord en raison de son anticommunisme viscéral. Ce monsieur, dont la famille a consacré son temps, durant la révolution espagnole de 1936, à sauver des prêtres, ce monsieur voit rouge dès qu’on lui parle « des rouges ». Et, compte tenu de ses racines plus rêvées que réelles, en bon toréador, voyant la charge du taureau rouge qui fonce toutes cornes dehors, il sort sa cape et son épée, aidé par le banderillero Macron, le picador Gattaz et le matador Hollande. Ce que je voudrais rappeler à toux ces tristes sires est très simple. Le peuple ne se réjouit jamais autant du spectacle de la corrida que lorsque le taureau gagne, qu’il embroche le torero, qu’il renverse le cheval du picador et qu’il s’envoie au passage quelques banderilleros. Son sort n’est pas bien meilleur que celui de ses congénères. Il finira assassiné sauvagement, souvent indignement et en boucherie. Au moment de fermer les yeux, je vous parie que cette bête se dira, comme Nicholson dans « vol au-dessus d’un nid de coucou » : au moins, j’ai essayé. Le sommet de la dignité, la mort « debout ». Mr Valls, moi, qui n’ai jamais eu une once de méchanceté, qualité qui m’a toujours empêché d’aimer la corrida, moi, je vais vous le dire : je souhaite que vous finissiez embroché. Parce que vous vous êtes attaqué au monstre « rouge » qui, au niveau dignité, aura toujours à vous en remontrer. Vous allez l’avoir dans le cul, Manuel. Après, les « prolétaires » l’auront encore une fois dans le baba, ils rentreront dans les usines, tête basse, la bourgeoisie catholique dont vous êtes un membre éminent les humiliera mais, au moins, Manuel, ils auront été dignes : au moins, on aura essayé. Vous qui avez toute votre vie « pété dans la soie », qu’aurez-vous tenté ? Rien d’autre que la réalisation de vos rêves de puissance. Un problème avec maman, Manuel ?... Ou bien de taille ? De taille de quoi, me direz-vous … Je dirais de taille tout court, c’est le cas de le dire, ou de taille de ce qui vous sert d’épée. Vous allez l’avoir dans le baba, Manuel. Tout simplement parce que l’intelligence n’est pas dans votre camp. Qui vivra verra …

 

13/05/2016

Renaud

Le camarade Renaud n’a pas de chance … Nous écrire une chanson qui a pour titre « j’ai embrassé un flic » après les attentats de janvier 2015 et la mort de ses amis de Charlie, à la limite, ça pouvait passer. Il paraît que l’alcool détruit les neurones. Il y avait des explications à l’étrange posture. Mais, manque de bol, le disque est sorti trop tard. Entendre le chanteur un peu faisandé nous raconter ses élans étranges pour les flics, aujourd’hui, c’est devenu totalement hors sujet. Je lui conseille d’aller tenter la manip dans l’une des manifestations actuelles. Bon courage ! … Je pense qu’il va comprendre le problème quand le flic lui enverra pour seule réponse un « pschittt … » de lacrimo. Non, mon gars, aujourd’hui, embrasser un flic, c’est plus possible. Le sort vient de t’envoyer un nouveau message d’obsolescence sénile. T’avais qu’à pas écrire cette chanson. A la tienne !... Parce que là, à mon avis, tu vas y retourner. Pas le choix. Cela dit, le pire, c’est encore une fois l’exploitation par les médias. Propagande, on dit. Le pouvoir, lui, il blague pas, il boit pas, il ne loupe rien. Défendre les flics, en ce moment, mon pote, c’est carrément obscène. Ta chanson passe et repasse sur les ondes et te voilà jeté dans le vilain rôle du chien de garde décrit par Nizan et, en reprise, par Halime, rédac chef du diplo. Collaborateur involontaire d’un pouvoir quasi fascisant. Je te plains. T’avais qu’à pas écrire cette chanson, mon pote.

 

02/05/2016

Collabos modernes

Vous aurez sûrement remarqué qu’on ne parle plus ni d’ouvriers ni d’employés. On dit collaborateur. Ce mot, pour moi qui suis d’un autre âge, résonne de tous ses sous-entendus et principalement de ceux qui ont trait à la seconde guerre mondiale. Collaborateur, collabo, on disait, c’était être l’ami des nazis. Mais où seraient donc les nazis d’aujourd’hui ? Je partage une analyse avec la doxa actuelle, celle qui dit qu’on serait « en guerre ». Mais, quant à moi, ce serait plutôt contre le capitalisme, les patrons ( on dit plus ça non plus …) et les puissances d’argent. Et c’est assez amusant, en vérité, de revisiter le terme « collaborateur » à l’aune de ce point de vue. Dans ce monde où tout est « cool », où la propagande (très goebbelsienne, en vérité...) sur « le bonheur au travail » bat son plein, on sent qu’il va y avoir du sport, le jour où les gens vont se réveiller. Bien entendu, ce jour-là, on fusillera quelques CRS, on pendra quelques patrons par les pieds ( comme le fut Mussolini) et on tondra quelques collaboratrices qui se seront enrichies dans le lit des tyrans..., le « on », dans ce cas, visant tous les lâches qui auront collaboré « parce qu’ils pouvaient pas faire autrement » et y retrouveront une virginité toute neuve. Il y aura des excès, bien entendu, mais juste de quoi faire que la révolte puisse être décrite comme un bain de sang orchestré par des brutes avinées. Dans le cas où vous ne seriez pas tout à fait convaincus de la similarité entre notre époque et celle des nazis et autres tyrans communistes, je vous invite à compter, chaque jour, le nombre de morts que l’on doit au capitalisme, par pollution, au nom des affaires, par guerre, au nom des ventes d’armes, par cynisme, par exemple en laissant les enfants d’Afrique mourir de faim ou du Sida, par indifférence, en Méditerranée....

 

22/02/2016

Je suis définitivement coco....

Quelque jour, dans la vie d’un homme, l’évidence s’impose et, comme dirait le dramaturge (Rostand, Cyrano) , je plains celui pour qui elle ne s’impose pas. Mon évidence, ce jour, c’est que je suis communiste. Pas vraiment une surprise. Je suis tombé dedans quand j’étais petit. Grand-Père, côté maternel, alsacien et pacifiste, fut l’un des premiers adhérents de la CGT naissante, scission marquant, au congrès de Tours, 1920, la séparation entre « socialistes » de la Sfio et communistes. Je le fus donc d’abord par atavisme. Puis vint 1968, période d’éloignement légitime d’avec le totalitarisme, le dogmatisme et la tyrannie. Depuis, j’ai toujours été un militant politique errant, sans famille, indépendant, libertaire. Excepté dans une très courte période où j’ai pensé que l’appartenance au parti « Vert » pouvait être acceptable, la période où les « paysans » de la FNSEA, tous industriels de l’agriculture qui, aujourd’hui, osent enfin se déclarer favorables au FN, nous traitaient de « pastèques », parce que nous étions, selon eux, verts dehors et rouges dedans, surtout rouge dedans, pour ce qui me concernait, ce qui n’a pas duré, comme vous savez, et a provoqué mon exclusion. Aujourd’hui, sous le vert, aucun rouge. Pastèques ogm, pas mûres, sans absolument aucun rouge sous la croûte. Ce qui m’apparaît aujourd’hui comme évident, c’est que, si je me suis éloigné du communisme français en reniant son parti historique, j’ai pourtant toujours été coco. Je le suis comme Manouchian et ses amis de l’affiche rouge, je le suis comme les résistants de 40-45, comme l’étaient tous les communistes allemands déportés dès 1933, je le suis comme Dolorès Ibarruri, comme les républicains espagnols de 1936, comme Picasso, Machado ou Garcia Lorca, comme Aragon, Ferrat, Sartre, les familles Vaillant-Couturier ou Curie, Pasolini, les communistes italeins, dont Berlinguer, comme Angela Davis et quelques membres des Black Panthers, Jules Dassin, Che Guevara, Sankara, Allende, de Carvalho, Mandela ou Hô Chi Minh, comme peut l’être Badiou aujourd’hui. Je le suis également avec Zola, Hugo, Hemingway, Jack London, John Dos Passos, tous ceux dont on peut soupçonner qu’ils l’auraient été ou le furent en secret, je le suis comme aurait aimé l’être Robespierre, que je continue de revendiquer. Je le suis intellectuellement. Tout simplement parce que je suis favorable à la collectivisation des moyens de production, contre les privatisations, de l’économie, de la finance, des services et des biens publics, contre l’enrichissement indécent des dirigeants, je le suis parce que je considère que la Terre ainsi que toutes ses richesses, matérielles, terre, air, eau, gaz, pétrole, soleil, énergie, mer, rivières ou spirituelles, culture, livres, instruction, œuvres, sont à chacun d’entre nous, doivent être offertes à tous, sans restriction, et, en aucun cas, la propriété d’une société ou d’une personne. Ce qui est la définition basique du mot « communisme », tout en « commun ».... Je suis un coco historique et libertaire, un brin anarchiste, loin des partis, des dogmes, de la doctrine et du totalitarisme. Dans les années qui ont suivi 68, j’ai compris que l’idée, l’utopie soixante-huitarde, n’était qu’un avatar de la réflexion révolutionnaire, pensée dont la visée ultime n’était que la volonté d’éliminer le communisme, ce cancer de la pensée bourgeoise, cette idée qu’on ne peut décidément, à aucun prix, laisser croître. A aucun prix. Devrait-on pour cela financer Hitler comme dernier rempart. Parce que cette idée signifie tout bonnement la fin des privilèges. La véritable fin. L’inévitable aboutissement de la nuit du 4 Août 1789. On comprend l’acrimonie de la bourgeoisie et de la caste dominante, dès lors, contre l’idée communiste. BHL, Finkielkraut, Glucksmann, n’auront été, au final, qu’une tentative ultime et ochestrée du capital bourgeois contre l’idée communiste, une manière de maintenir les privilèges de la caste dirigeante, de tout changer pour que rien ne change. Une position qui les conduira, d’ailleurs, tous trois, à se prononcer en faveur de Sarkozy en 2012, même s’il faut reconnaître à BHL de ne l’avoir fait que du bout des lèvres et en se pinçant le nez. Le véritable débat, à ce moment de notre histoire récente, étant enfin apparu à cette occasion, la différence entre utopie et réal politique. Aujourd’hui, définitivement, avec la glorieuse liste de mes ancêtres ici cités, à quoi la droite ne peut rien, ou quasi, opposer, je vote pour l’utopie. Je vote pour le grand soir, pour les lendemains qui chantent. Raphaële Billetdoux a écrit un livre, Mes nuits sont plus belles que vos jours, mis en scène par Zulawsky, récemment décédé, qui résume ma pensée. Définitivement, mon utopie d’un monde meilleur sera à jamais plus belle que votre réalité, l’idée communiste plus belle que toutes les autres. Je suis définitivement coco.

 

 

 

01/02/2016

Hilary, Barrack, même parti mais pas le même genre.....

Une chose m’épate. Épatant, c’est un mot très 16°... J’ai choisi, aujourd’hui, de vous la faire 16° (arrondissement). C’est à propos des élections aux USA, très actuelles, comme vous savez. Le débat tendrait à démontrer que les USA sont un pays très « clivé ». D’un côté, les Républicains derrière Trump ou pire, les Démocrates derrière Hilary, à moins qu’ils ne choisissent, eux aussi, pire, c’est cce qu’en disent les médias, en la personne de Sanders. A gauche, c’est soit « on continue comme ça », soit « on change tout », à droite, c’est racisme à tous les étages. Choisissez votre degré. Certains commentaires voient dans ce virage raciste, ce retour aux années bonheur d’avant Luther King et Kennedy, les effets de « l’erreur » d’avoir élu un président … Noir !... Il faut dire que c’était inattendu. Il était temps de redresser la barre !... Sous nos yeux effarés, si l’on en croit le monde médiatique, les USA se préparent donc à élire un populiste dangereux soutenu par toutes les forces les plus conservatrices du pays, nous promettant un avenir sombre fait d’exclusion, de force brutale, de haine, de massacres, un véritable retour aux temps les plus obscurs de ce pays. Ce qui m’épate, donc, c’est que l’actuel président est noir. Et que, donc, les USA auront été capables d’élire un homme noir à leur tête. Ce qui ne sera donc pas forcément le cas pour … une femme. Ce grand pays raciste, notoirement raciste, dont la police est raciste, dont la moitié de la population est raciste aura élu un noir avant d’élire une..... femme. Femme que, d’ailleurs, il n’élira peut-être pas encore cette fois-ci. Décidément, les femmes sont bien les personnes les plus discriminées sur cette planète. Et, ce, dans l’indifférence manifeste de l’opinion des USA, pas moins, pas plus, que dans la notre.

 

27/01/2016

La vieillesse est rentable.

Comme beaucoup d’entre vous, certainement, je reçois environ dix fois par semaine un mail m’incitant à « investir » dans les EHPAD. Késako ?.... Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes. Outre que les proposition d’investissement me tapent sur le système, en tant qu’elles traduisent l’obsession maladive de notre époque pour l’argent comme but et non comme moyen, ces mails me donnent un peu la rage. Tout simplement parce qu’ils démontrent assez clairement que les EHPAD sont « rentables ». Alors, certes, rentables au sens capitaliste du terme. C’est à dire à condition de ne pas pourvoir tous les postes de travail, de sous-payer un personnel peu qualifié, de recevoir les personnes âgées dans des locaux indigents, de ne pas s’occuper d’eux, de les maltraiter éventuellement, de ne pas trop soigner la restauration, mais rentable. On vous promet du 6%.... Là, vraiment, on touche le fond. Faire du fric sur la vieillesse, sur la détresse d’un troisième âge abandonné à lui-même, c’est carrément honteux, vous ne trouvez pas ? Je sais bien. C’est pas pire que le reste, la maladie, la mort, toutes ces gaudrioles, sur lesquelles on fait déjà des tas d’or pour les banques. Je sais. Mais nous proposer de faire du fric sur la vieillesse, à quoi nous sommes tous promis, là, je trouve ça odieux. Que reste-t-il de notre État ?

 

01/01/2016

Le retour de l’apprentissage : une nouvelle faillite de la République

Parmi les platitudes royales de notre grand Benet 1er au cours de son discours de vœux aux Français, une très mauvaise nouvelle se dissimule, en sus de l’odieuse justification de l’état d’urgence et de la dénaturalisation à la carte, je veux parler du retour massif de l’apprentissage. Cette nouvelle, qui fait manifestement consensus dans notre pays, n’est, hélas, pas autre chose que l’annonce d’une nouvelle victoire écrasante du patronat français. Ce retour, c’est aussi celui de la fin de l’école pour tous jusqu’à seize ans, mesure que les progressistes avaient eu toutes les peines du monde à imposer en 1959. La généralisation de l’apprentissage, c’est une régression qui nous ramène rien moins que 56 ans en arrière. Pour un nombre non négligeable de jeune gens, l’école se terminera bientôt à quatorze voire treize ans. Où est le problème, me direz-vous ? Le principal n’est-il pas que chacun trouve un emploi ? Tout dépend de quel côté on se place. Pour tous les jeunes qui sont aujourd’hui promis, après une scolarité souvent chaotique, à un avenir sombre entre chômage et galère, la promesse d’une « employabilité » ( ce mot me crispe les nerfs..) meilleure peut sembler un avantage. Sembler seulement. Car, en réalité, il ne s’agit que de livrer au patronat une main d’œuvre « corvéable à merci » comme on le disait autrefois. Pourquoi corvéable ? Tout simplement parce qu’un peuple instruit est beaucoup plus « rétif » qu’un peuple sans culture. Quel était, en effet, le propos de la prolongation de la scolarité jusqu’à seize ans ? Il s’agissait tout simplement d’assurer à chaque jeune un niveau de culture générale minimal, nécessaire à l’exercice de sa citoyenneté. En maintenant le plus longtemps possible, justement, un enseignement général. Cette obligation, le patronat qui sait bien, comme Goebbels, que le « propos n’est pas de convaincre le peuple que nos idées sont les meilleures mais de ne mettre à la leur disposition qu’un vocabulaire juste suffisant pour qu’ils ne puissent en exprimer d’autres ».... , le patronat, lui, ne l’a jamais acceptée. Plus les ouvriers sont idiots, plus il est facile de les exploiter. Presque soixante ans plus tard, donc, sa victoire est écrasante. Demain, la masse inculte qu’ils appellent de leurs vœux depuis plus d’un demi-siècle sera de nouveau à leur disposition. Et, cela, cette atroce nouvelle, nous la devrons donc à un gouvernement « socialiste » dirigé par un « toréro » qui a quelques traits physiques communs avec l’idéologue nazi, d’ailleurs, et sous le règne d’un roi « socialiste », notre cher Benet 1er. Les socialistes français ne méritent plus notre respect. Leur honneur est dans le caniveau.

 

31/12/2015

Contre les guerres de religion, la guerre contre la religion....

A mon sens, tous les animateurs qui, au long des ondes et sur les médias, en particulier sur France-Cul et France-Inter, nous rebattent les oreilles avec des analyses plus ou moins expertes sur les religions, ces exégètes de tous poils qui me les brisent menu, tous ces esprits égarés, ont tout simplement eu de très mauvaises lectures. Selon moi, il est possible d’expliquer l’Histoire de l’humanité sans passer par la case « religion ». La religion n’est pas une culture, c’est une tradition. Une tradition qu’on tente de nous enseigner scrupuleusement, dont on nous bourre le mou, qu’on nous enfonce de force dans le crâne, et ne respecte aucunement, et à aucune époque, la liberté de choix des générations successives depuis l’aube de la pensée. Je pense néanmoins qu’une autre Histoire existe, dont on nous entretient fort peu, qui évite cet écueil, cette faillite de la pensée que constitue l’affirmation de réponses bien avant que ne naisse la question. Depuis les philosophes grecs, il est possible de suivre une évolution de la pensée qui ne passe pas par le mystique, s’y oppose ou s’en moque. Car, si s’y opposer semble souhaitable, la seule véritable attitude par rapport à ce désastre serait de l’ignorer. D’ailleurs, toujours selon moi, la France représentée par la couleur rouge de notre drapeau ne s’est pas construite contre mais tout bonnement « sans » la religion. Simplement parce que s’y opposer, entrer dans le débat, accepter l’exégèse, c’est déjà se soumettre au dogme, lui donner corps. Ce qui n’empêche pas, vous l’aurez remarqué, tout un tas de bons intellectuels, ceux que Nizan nommait « Les Chiens de Garde », de nous bassiner à longueur de temps avec ces niaiseries et les pages les plus célèbres des culs-bénis de tous poils qui crurent, au cours des siècles, faire œuvre littéraire, voire philosophique, qui se penchaient sur les méandres d’une religion qui est et ne sera jamais qu’un instrument de domination des masses incultes par les dominants. D’ailleurs, aucun, parmi nos dirigeants, ne s’affiche jamais comme athée, ce qui serait le moindre. Ils vont tous à la messe dès que le temps se couvre ou qu’un « grand homme » nous quitte. Au risque de navrer, j’affirme que NON ! La France n’est pas un pays de culture ou, plus exactement, de tradition catholique, pas plus qu’elle n’est de tradition judéo-chrétienne. Ce n’est ici qu’une vision qui nous est imposée. Par exemple dans nos écoles « d’élite » (je pense ici à Normale Sup, par exemple...).et dans nos écoles, surtout lorsqu’elles se disent « libres ». N’en déplaise, il pourrait en exister d’autres. Personnellement, je conchie totalement Platon, Saint Augustin, Pascal et tous leurs disciples, descendants, ascendants, analystes experts, tous ceux qui essaient de nous faire croire qu’ils seraient une sorte de quintessence.... Ce ne seront jamais que des toutous dociles dont je me fous comme de mon premier éjaculat....

15/12/2015

Servitude volontaire

Et vous, vous ne pensez quoi, de ces élections ?... Vous avez remarqué, tout le monde est bouleversé et tout va changer.. à partir de … En attendant, on vous demande votre avis. Partout, en toute occasion, la question c’est : et vous, vous en pensez quoi ? Et ceux à qui on ne demande rien donnent également leur avis. Comme si notre avis devenait important. Je vais donc vous donner le mien, comme un ordinaire. Ce que je sais, par expérience, c’est que si l’on vous demande votre avis, ce n’est en aucun cas pour le recueillir et s’en servir pour modifier quoi que ce soit. Ce qu’on vous demande, en ce moment, en arrière-plan, c’est d’exprimer votre degré de persuasion, à quel point vous pensez qu’une réforme s’avère nécessaire et, donc, par là, le niveau de votre désir d’une nouvelle servitude volontaire. Savoir simplement si vous êtes prêts à encaisser de nouvelles réformes au nom du « changement », ce qu’on vous demande, c’est votre consentement. Et, donc, je peux vous dire ce qui va advenir. Comme, manifestement, nous en avons par-dessus la tête de l’état de notre société, ces messieurs vont vous concocter un train de mesures qui aboutiront, assez rapidement, à de nouvelles brimades sociales. Recul de l’état, privatisations, moins de sécurité sociale, moins de retraite, moins de services publics, moins de services sociaux, moins de santé, et, tout ça, ils vous le vendront au nom de la demande exprimée.... En gros, préparez-vous à vous faire baiser encore une fois. Et, le mieux, c’est qu’on vous fera croire que c’est vous qui avez demandé les réformes.... Il suffira à ces messieurs de vous rappeler votre mauvaise humeur depuis le 13/12.....

12/12/2015

Parano ou schizo ?...

Nous sommes un certain nombre à n’avoir pas oublié la formule quasi définitive et néanmoins soixante-huitarde qui définit le mieux le choix politique offert par les « élites » au « peuple » : la dictature, c’est ferme ta gueule, la démocratie, c’est cause toujours. La formule est récente. Le fond du problème est antique. Citons, pour exemple, les écrits fameux de Machiavel. Mais l’histoire la philosophie regorge de discours, certains datant même d’avant l’ère chrétienne, sur la capacité du « peuple » à comprendre les enjeux, évidemment édictés par les dominants, du débat politique. Le concept, s’il est invariant au cours des siècles, n’en a pas moins évolué dans ses formulations. Pour me concentrer sur mon époque, parce qu’il n’est pas question, ici, de rédiger un essai à caractère exhaustif, je dirais qu’à l’ère industrielle correspond un moyen industriel de domination des consciences. Ce que je daterais, à peu près, de la naissance de la théorie capitaliste, disons, pour simplifier, avec Locke ou Smith. Mais ces noms ne suffisent pas à expliquer l’état actuel du débat. Il faut, pour comprendre intégrer aux concepts définis comme étant à l’origine du libéralisme économique, que nous sommes aujourd’hui, manifestement impuissants à dénoncer, les ajouts qu’y ont apportés tous les tenants plus ou moins conscients des théories psychanalytiques. Freud, évidemment, dont la dénonciation actuelle par des intellectuels rétifs et sensibles à la liberté de penser passe encore pour du dépit, simplement pour la raison que Freud ne peut pas être formellement identifié comme responsable de ce qu’il a engendré, du moins ne peut-on déterminer son degré d’engagement. Est-ce ou non, là, le résultat de ce qu’il concevait froidement ou bien un accident imprévu de ses pensées ?... Pour ses disciples libéraux, par contre, aucun doute n’est possible. Le but de Mr Barneys, neveu de Freud, par exemple, est clairement la manipulation des masses à but capitaliste, ce qu’il prouve par son implication dans l’univers de la publicité. Mais ce discours, qui semble viser uniquement Freud, pourrait tout aussi bien s’appliquer à Marx ou Nietzsche. Les interprétations de ces deux penseurs laissent également circonspect. Voulaient-ils vraiment ce que leurs interprètes ont déduit de leurs œuvres ou bien sont-ils totalement innocents ? Entendre, par exemple, Mr Minc dire, goguenard, qu’il est le dernier penseur marxiste de France ou la sœur de Nietzsche confirmer que son œuvre est authentiquement nazi ne peut que nous laisser sans voix. La manipulation des masses, si elle date de la naissance de l’humanité, a donc évolué au cours des siècles. Aujourd’hui, il me semble qu’elle a pris un tour quasi purement psychologique. Il me semble que, de nos jours, on ne laisse au peuple que le choix entre paranoïa et schizophrénie. Et ce fait me rappelle l’utilisation intensive de la normalité psychiatrique qu’ont pu faire toutes les sociétés et en tous temps, contre des artistes comme Van Gogh, par exemple, mais dont le champion reconnu restera l’Union Soviétique. Il me semble que l’époque actuelle démontre radicalement que nous ne valons guère mieux. Pour la paranoïa, il me semble inutile d’insister, en cette veille de second tour des élections régionales. Pour la schizophrénie, je pense à tous ces citoyens dont on exige qu’ils aient une attitude « écologique » irréprochable cependant qu’on les contraint à acheter pour Noël un tas de merdouilles « made in China » ou à prendre leur voiture pour aller chercher le pain..... Le choix du « peuple » est donc devenu simple et clair : tu t’aimes mieux parano ou schizo ? … La seule vraie différence, pour les dominants, c’est la marque du cachet à prendre chaque matin. Le choix vous appartient, évidemment, le principal étant que vous vous sentiez coupables de quelque chose. Restent tout un tas de gens, plus ou moins cultivés, qui, ayant quelque lucidité sur la condition humaine, ne souffrent pas outre mesure d’être à la fois paranos « et » schizo. Ce qui fait une très importante différence avec la masse, les paranos ne se sachant pas, en général, tels, pas plus que les schizo. Pour le pouvoir, le principal est que vous choisissiez entre l’un et l’autre afin de pouvoir vous opposer.... Les élections de demain sont, à ce titre, parfaitement démonstratives. Sur les affiches électorales, on voit très clairement l’opposition exclusive entre le camp des « paranos » qui vont voter à droite et le clan de schizo qui vont voter à gauche. Dans ce contexte, il est facile de voir en ceux, assez peu nombreux, qui ne veulent à aucun prix faire partie de l’un ou de l’autre camp sont dérangeants. Je parlerais à ce titre de personnes qui auraient le « même genre de beauté que moi ». Leur beauté est bien plus grave qu’on pourrait le croire : ils sont menaçants. Dans ce cas, le pouvoir possède une arme qu’il nomme « État d’Urgence »... Sous cette gouvernance, le pouvoir jouit d’un ensemble d’arguments propres à faire des récalcitrants un membre de l’un ou l’autre des groupes. On tape un peu sur le crâne des « gauchistes » dans l’espoir d’en faire enfin des « paranos », on montre à longueur d’antenne des images qui incitent les gens de bonne volonté à peser le pour et le contre de l’autorité abusive afin d’en faire des schizo.... Et vous, vous avez choisi quel camp ?.... Et vous, vous comprenez quand que choisir c’est se condamner ?....

 

09/12/2015

Je suis comme une truie qui doute

 

Exhumer l’excellent livre de Claude Duneton ( Points – Seuil – 1979) à propos des élections régionales peut sembler inapproprié. La truie qui doute de Duneton est celle qui hésite à nourrir ou non ses petits alors qu’elle sait quel avenir désastreux, fait de torture et de souffrance, leur est promis. Allégoriquement, il y décrit ses hésitations de professeur à continuer d’enseigner à une jeunesse défavorisée dont il sait qu’elle ne profitera jamais de ses enseignements parce que son avenir est dramatiquement prédéterminé. J suis comme une truie qui doute, aujourd’hui, et pour ce qui me concerne, sur l’avenir du PS. Et particulièrement sur une question : celle du retrait ou non de ses candidats dans les régions exposées au danger du FN. Mon problème n’est pas que le PS ait ou non des élus. C’est ce qui ferait plutôt pencher la balance vers la partie euthanasie de mon doute. Le PS ne mérite plus, selon moi, d’avoir des élus. Le problème du retrait, c’est le FN. Les états majors parisiens ont décidé qu’on devait, par devoir, privilégier les candidats dits « républicains », candidats qui, d’ailleurs, ne le sont pas tant. Je ne dirais pas des ténors de LR qu’ils ne méritent pas d’être élus. Eux, au moins, sont fidèles aux idéaux de droite. La question du retrait est donc de savoir s’il faut ou non tolérer l’hypothèse d’élus FN et, pire, d’une majorité dans quelques régions. Ce qui est troublant, c’est qu’à peu près tous les gens qui se prononcent sur le sujet, à « gauche », habitent dans des régions qui ne sont pas exposées au risque FN. Ils ne le font donc qu’au nom d’un idéal, idéal que, par ailleurs, ils trahissent allègrement chaque jour. C’est une position dite « morale ». D’un autre côté, au nom des mêmes principes, beaucoup renâclent quant au retrait. Jean-Luc (Mélenchon), par exemple, qui ne risque pas beaucoup plus que ses camarades. Ne parlons pas de Pierre (Laurent) qui, au passage, va se retrouver au conseil régional IDF.... Or, ici, j’ai envie de faire une prédiction. Je vous fous mon billet que, s’il advient que le FN soit élu à la tête d’une région, il y aura, dans cette région, des « ratonnades ». Dans le Sud, par exemple, il y aura des descentes de milices dans les quartiers dits « chauds » et on poussera « les arabes » à la mer. Dans le Nord, j’entrevois la possibilité d’un « nettoyage » sauvage de la jungle de Calais. Bien entendu, les dirigeants du FN ne donneront jamais la consigne de ces exactions. Je suis même certain qu’ils les condamneront avec fermeté et excluront les brebis galeuses. Non, ce qui va se passer, c’est que quelques gros cons plus ou moins avinés en prendront l’initiative et, ce, parce qu’ils se sentiront encouragés, voire légitimés, par le fait que leur région est dirigée par leur parti, parti devenu alors totalement légitime lui-même. Et là, force est de constater que nos socialistes endimanchés, quant à eux, ne risquent pas de se faire violenter par ces nervis. Tran-qui-lles. Un comportement ouvertement bourgeois. Avec tout le mépris pour le peuple que recouvre ce terme. envisager la possibilité de l’élection d’un conseil régional FN est tout bonnement une horreur en soi. Que Jean-Luc plaide pour le maintien de Masseret est une horreur. Cela signifie que l’idée de la présidence des Le Pen au Nord ou au Sud est acceptable. Qu’il suffira de courber l’échine pendant six ans et de remettre le débat à plus tard. Entre temps, chacun pour soi. Je ne voudrais pas être un français issu de l’immigration pendant cette période. Je ne vous parle pas des étrangers vivant dans ce pays, légaux ou non. Il peut donc sembler que le débat est clos. Retrait systématique du troisième, vote en masse pour le seul représentant digne des idées républicaines. Sauf que.... Sauf que, le PS étant ce qu’il est, un parti détestable, il profite de l’occasion pour instrumentaliser. Il n’est pas le seul. Ce n’est pas une excuse. « Surfant » sur la vague, il nous incite à voter partout comme un seul homme, dans la joie et l’allégresse que donne le sentiment d’avoir « résisté ». Et c’est là que, tout à coup, je deviens une truie qui doute. Parce que j’habite dans l’Ouest. Une région qui n’est pas exposée au danger. En PDL ou, pire, en Bretagne, le débat se concentre non sur le FN mais sur l’aéroport de NDDL.... Et là, tout à coup, je suis touché par le doute. Lesquels de mes petits dois-je choisir ? Ceux qui vont s’en tirer, qui ont avenir, tous ces enfants de bourgeois qui feront des études, dont l’avenir est assuré, qui, demain, seront tout simplement là, ce qui sera en soi une victoire, ou bien les enfants basanés qui, partout ailleurs, en France, voire chez nous, seront en danger ? Vous avouerez que, pour le coup, me voilà vraiment ravalé au rang d’une femelle porcine intelligente. Sauf que, une fois encore, parce qu’il faut se décider avant dimanche soir, deuxième tour, une sorte d’urgence se fait jour. Et cette urgence, moi, j’en attribue la responsabilité, sans hésitation, au PS.... Ce qui me renforce dans l’idée terrible de l’euthanasie du PS...... Sauf que... Sauf que, encore une fois, le PS réussit ce prodige de survivre au débat.... J’ai beau avoir lu Nietzsche et, surtout, son avis, son réquisitoire, sur les « socialistes », non, vraiment.... C’est absolument indigne. L’urgence, sur un problème qui nécessitera plusieurs mois, voire plusieurs années avant que nous soyons capables de l’analyser, vraiment, c’est indigne... Je vais donc assumer mes convictions et, dimanche, je ne voterai pas pour le PS et ses récents alliés. Sauf que.... je sais que je ne peux me permettre de le faire que parce que, comme beaucoup d’autres, au final, je sais que je ne risque rien. La chute lente de la démocratie, qui n’a rien à voir avec la République, comme vous savez si vous avez lu, elle va passer par moi, simplement parce que, moi aussi, je profite de mon confort intellectuel..... Une peste qui finira par nous avoir tous. La seule porte de sortie qui nous reste, c’est de s’interroger sur ses propres motivations..Et d’accepter une fois pour toutes qu’aucun de nous ne vaut bien plus cher que ceux qu’il condamne.... Ma truie domestique, qui est couchée à mes pieds, en rit à groin ouvert.. Hui! Hui! Hui! ….

 

Je pourrais, en annexe, vous entretenir de mes doutes sur la manière de qualifier les électeurs du FN. L’un des arguments principaux de cette « ligue » est d’appeler au respect de ses suiveurs, sous prétexte qu’ils seraient des humains aussi respectables que tout autre. Mes origines populaires, totalement populaires, origines partagées par zéro personne aujourd’hui en responsabilité, mes origines dont j’ai gardé un goût indépassable pour le mot grossier, m’incitent à traiter assez facilement de « con » toute personne stupide. Mes origines ne me laissent aucun choix : ne mérite le respect que toute personne qui s’en montre digne et, par conséquent, je n’ai aucun problème à qualifier de « gros con » toute personne qui place ses espoirs dans le FN... Une histoire non encore classée, soixante dis ans après, sur la responsabilité du peuple allemand dans l’avènement d’un certain Adolphe (point Godwin...) ou du peuple espagnol sur l’avènement de Franco. Mais, comme vous le savez, bien que ce soit là un point de vue totalement bourgeois, à mon sens, ce qui est excessif est insignifiant. Ma truie vient encore de couiner......

 

25/11/2015

Nous avons perdu

Daech va nous avoir. Daech va s’envoyer le monde occidental. Exactement comme les Vietnamiens du Nord se sont payés les Etats-Unis. Excatement de la même manière qu’Hitler s’est offert la société occidentale et ses valeurs. Tout simplement parce qu’ils nous ont pris sur notre point faible. Je parle évidemment du capital. Si l’on ouvre un peu les yeux, on voit très clairement que Mr Obama est calé, que Mr Poutine est calé, que l’Europe, ce qu’il en reste, est calée. Et tout ce joli monde cale sur un seul problème : le financement de la guerre. Nous avons été conduits, d’une manière très habile, au point où nous devons faire des choix. Des choix dramatiques. Non, comme le disent les manipulateurs qui nous gouvernent, entre nos valeurs et les leurs mais, tout bêtement, aux sacrifices financiers que peuvent accepter nos sociétés capitalistes. Dans un premier temps, ils vont tenter de vous responsabiliser et de vous culpabiliser pour imposer encore plus de sacrifices. Mais l’argent qu’ils vont dégager de notre bonne volonté, assénée à coups de Marseillaise et de drapeau, n’y suffiront évidemment pas face à l’incroyable puissance des puissances pétrolières. A ce titre, la réaction instinctive de Mr Gattaz (dont les médias se sont très peu faits écho..) est révélatrice : touchez pas au grisbi.... L’état d’urgence, oui, à condition que les profits ne diminuent pas. Exactement la réaction du capital, qu’il soit allemand ou français, au seuil de l’avènement d’Adolphe... Le Capital doit évidemment s’entendre ici au sens que lui donna Marx et que tente de lui redonner Thomas Piketty. Tiens !.. Il est où, Thomas, là ?.... Daech va gagner parce que le Capital mondial préfèrera s’accommoder d’un groupuscule fasciste meurtrier que remettre en cause ses privilèges et ses bénéfices. Il peut compter pour cela sur la veulerie de nos dirigeants politiques qui ont été formés non à l’école de la République, qu’ils ne cessent de massacrer, mais à celle du Capital. Badiou, notre dernier intellectuel marxiste, le dit très bien (http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/27/le-rouge-et-le-tricolore_4564083_3232.html). Sur le drapeau français, il n’y a qu’un tiers de rouge. Et le seul secours de nos sociétés, c’est le rouge. Le Capital est d’ores et déjà battu. Aujourd’hui, c’est à vous de choisir......

 

13/11/2015

Le retour de la SFIO

Cette fois, c’est très clair.... Nous voilà revenus au bon vieux temps de la SFIO. Ce qui est en train de se passer est à la fois très clair, du moins pour ceux qui ont soit vécu l’histoire, soit un peu de culture historique, nous vivons la fin d’une aire. Un aire commencée en 1920, à Tours, avec la création du PCF, suite à la « Révolution » soviétique de 1917, épouvantail absolu pour les dominants du monde entier, dominants qui n’ont eu de cesse, dans un premier temps, que l’éliminer à tout prix, serait-ce dans le compromis avec Hitler. Ce fut le cas de Ford, du patronat français, de tous les possédants, unis dans ce combat, main dans la main, tendus vers cet unique but : pas de ça chez nous. Un combat auquel participa, en son temps, la SFIO, parti dont furent membres, par exemple, Mitterrand, Laval, et, c’est moins connu, moins popularisé, Lévi-Strauss. Laval, je crois inutile d’insister. Remarquer néanmoins que, en ces temps troubles des années quarante, la droite affichait des slogans du genre « plutôt Hitler que le Front Populaire » pendant que Pétain et son copain Hitler éliminaient en France les communistes avant même de s’en prendre aux juifs, ce qui, d’ailleurs était souvent synonyme. Mitterrand, par contre, mérite qu’on s’y arrête. Car, bien plus tard, une fois redevenu présentable et paré d’innocence, pendant qu’il signait de la main gauche le programme commun, en 1972, il annonçait clairement l’objectif, pour lui, de ce compromis : marginaliser le PCF. On peut constater qu’il y a réussi. On peut même dire que c’est là sa seule victoire. Éclatante. Ses héritiers, en la personne de Hollande, Ayrault, Valls, Macron, Lang, j’en passe et de moins brillants, stupides qu’ils sont, se figurent que leur victoire sur « les extrêmes », ainsi qu’ils les qualifient, visant uniquement la gauche radicale, se croient donc autorisés à reprendre le cours de ce qu’ils croient être l’histoire, la domination tranquille des classes bourgeoises. Les voici donc, peinards, nous resservant le couplet sur l’intérêt commun, cette faribole qui expliquerait que ces messieurs décident de notre sort entre eux. Les voilà exhumant le cadavre de la SFIO. Pendant les troubles, les affaires continuent. Ce qu’ils ne voient pas, affublés qu’ils sont de cécité, c’est que leur démarche va les condamner à choisir de nouveau entre fascisme et extrême gauche. Et leur choix ne fait, pour moi, aucun doute. Leur parti-pris pour le capital et les dirigeants d’entreprise les conduira à préférer l’extrême droite, simplement parce que le fascisme n’a jamais nui aux affaires. Le fait, c’est évidemment la déclaration de Valls sur l’alliance possible entre PS et LR pour éviter le FN. C’est assez rigolo, d’ailleurs, que cette déclaration intervienne le lendemain de la mort de Glucksmann, chantre des droits de l’homme, de l’absolue horreur de la révolution et du marxisme. Comme une révérence. Ce que Valls n’a pas encore compris, c’est que cette brèche par lui ouverte, au nom de l’exclusion des « extrêmes », entendez, naturellement, de l’extrême gauche, va conduire exactement aux même conséquences que précédemment. Je conchie absolument l’idée développée par tous les intellectuels « corrects » et souvent états-uniens, d’ailleurs, que je viens d’atteindre ce qu’ils nomment un point « Godwin ». Point Godwin, mon cul. Une récente lecture m’a amené à découvrir une phrase d’un intellectuel algérien qui dit : l’histoire ne repasse pas les plats, elle ne bégaie pas, certes, mais elle « rime ». Un appel incontournable à une dimension que vous ne pourrez jamais contester, du haut de vos talonnettes, messieurs les sinistres, la poésie. J’ai envie de dire : il suffit !... La trahison des intellectuels (des clercs..), y’en a par dessus la tête. Cette fois, moi, vous ne m’aurez pas. Je n’ai aucun désir pour un gouvernement provisoire localisé à Vichy et dirigé par un quelconque (vous êtes tellement interchangeables..) Manuel Valls. Navré. Cette fois, c’est non. On vous a vus. Pour nous la mettre profond, en 1981, il fallait le talent de Mitterrand. Ni vous, Manuel, ni vous Emmanuel, n’en avez une once (j’ai envie de rappeler cette évidence : Emmanuel signifie, étymologiquement, envoyé de dieu. Sur Terre, aujourd’hui, il n’y a qu’un seul dieu: l’argent). Cette fois, vous ne nous imposerez pas la guerre pour protéger les intérêts du capital. Il faudrait pour tenir cette position, dites-vous, avoir l’envergure d’un Jaurès ! Cette fois, vous devriez vous méfier. Des tas de gens sont prêts à mourir pour vous contrer. Et aucun ne me paraît ni sympathique ni acceptable. Ce qui ne changera rien. Ils finiront par vous abattre, emportant dans leur folie, la paix qui est si chère au peuple. Le choix vous appartient donc : arrêter vos conneries ou bien sacrifier votre peuple. Personne ne peut rien contre ce qui se dessine par votre faute, excepté vous. Nous vous attendons …... Vite !...

 

10/07/2015

NKM

NKM est une « prout »... Une grande bourgeoise au chuintement typiquement « prout ». Côté études, la dame a un palmarès. Louis le grand et polytechnique. Seulement voilà, NKM est de droite. Et, comme une très grande partie de la droite française depuis des années, madame ne peut cacher sa profonde vulgarité. Pas cette vulgarité qu'on assimile à la grossièreté, non, la véritable vulgarité, celle des êtres vils et bas dont le vernis ne cesse de craquer. Ce matin, dans ma radio, alors qu'elle s'exprimait sur la « crise » grecque, je l'ai entendue dire (SIC) : Les concessions vont de « conserve ».... Autrefois, c'était une bonne blague... Mais dans la bouche de cette haute bourgeoise à grande bouche, c'est autre chose qu'une blague. C'est la révélation d'un trou, une faille, par laquelle on entrevoit sans fard son être profond. Et ce qu'on voit, c'est une Madame-Sans-Gêne qui fait ses « prouts » plus haut qu'elle n'a le cul et qui ne pourra jamais être à la hauteur de ce qu'elle prétend. Ce qu'on voit, c'est sa profonde vulgarité.

 

08/07/2015

Note postée une première fois le 04/07/2012

Über alles

« L’Allemagne s’est détruite elle-même – et l’équilibre européen – deux fois au cours du XXe siècle, mais a su ensuite convaincre l’Occident qu’elle avait tiré les leçons de ses erreurs passées. Ce n’est que de cette manière – reflétée de la façon la plus vive par son adhésion au projet européen – que l’Allemagne a obtenu un consentement à sa réunification. Il serait à la fois tragique et ironique qu’une Allemagne unifiée provoque la ruine, par des moyens pacifiques et les meilleures intentions du monde, de l’ordre européen pour la troisième fois«.

« L’Allemagne va-t-elle encore une fois conduire l’Europe à sa ruine ? »

Joschka Fischer

(Vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne dans le cabinet Schröder, d’octobre 1998 à octobre 2005).